Sortie la veille de la journée internationale des droits des femme, la campagne publicitaire Yves Saint Laurent fait polémique. On lui reproche de véhiculer des images dégradantes de la femme.

Stéphane Martin, le directeur général de l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) a clarifié mardi sa position: "En attendant que le jury de déontologie publicitaire de l'ARPP ne se réunisse vendredi, nous avons pris position, en écrivant à Saint Laurent, leur expliquant que les messages diffusés ne sont pas conformes aux règles déontologiques, en termes d'image et de respect mais aussi de représentation du corps", a-t-il indiqué. 

La nouvelle campagne publicitaire de la collection automne 2017 de Yves Saint-Laurent conçue par Anthony Vaccarello et son équipe, ne laisse personne indifférent et pour cause… Des images choquantes de mannequins rachitiques en talons aiguilles dans des positions de soumission. Une question se pose: s’agit-il d’une campagne agressive pour faire le buzz autour de la marque et ainsi faire réagir, sur les codes sexistes parfois véhiculés dans l’univers de la mode ?


 
On est loin de l’héritage laissé par Yves Saint-Laurent, celui de célébrer la beauté de la femme avec un grand F. En 2017, la marque dévoile une campagne très controversée. À ce jour, 120 plaintes pour de multiples motifs: "images dégradantes", "femmes-objets", "valorisation de l'anorexie" et "même incitation au viol", ont été déposées à l'ARPP qui se réunira ce vendredi afin de statuer sur la question de la campagne. Son directeur Stéphane Martin souligne que “Nous avons eu des genres similaires de porno chic (dans la publicité de mode) il y dix ans et que nous en retrouvons aujourd’hui ce qui n’est pas acceptable”.
 
De son côté, l’opinion publique se mobilise. #YSLretireLaTaPub dénonce les agissements de la marque et de son créateur et défend le respect de l’image des femmes véhiculée par les marques de luxe. Le groupe féministe “Osez le féminisme” demande que la campagne soit retirée car la marque a dépassé les limites de la décence.  Son porte-parole, Raphaëlle Rémy-Leleu rappelle que ce n’est pas la première fois que la marque Yves Saint Laurent porte atteinte à la dignité des femmes. En 2015, la marque s’est vue interdire une campagne publicitaire au Royaume-Uni mettant en scène une très jeune fille « maladivement maigre ».
 
Le monde de la mode est en émoi, d’autant que le créateur, Anthony Vaccarello a présenté lors de ses derniers défilés, des mannequins portant des tenues avec des décolletés plongeants, des transparences de tulles et dentelles dévoilant leur poitrine. Affaire à suivre…
​E.M.